Anthropologie(s) décoloniale(s)
Cette année, l’atelier la Minga a traduit un ouvrage de l’anthropologue colombien Arturo Escobar. La publication de Sentirpenser avec la terre fut suivie d’une conférence à Paris le 6 juin dernier. Nous avons souhaité, dans le droit fil de cet événement, proposer un focus sur l’anthropologie colombienne décoloniale en publiant un ensemble d’articles.
Le lecteur francophone trouvera deux articles analytiques concernant Arturo Escobar (une mise en contexte de Roberto Andrade et Ella Bordai ainsi que la présentation de Claude Bourguignon Rougier). Il pourra également lire la traduction de deux articles d’Arturo Escobar et Eduardo Restrepo. Les lecteurs connaissaient peut-être Anthropologies hégémoniques et colonialité, publié par les auteurs dans un numéro spécial de la revue IHEAL en 2009. Eduardo Restrepo, spécialiste des populations noires colombiennes, et grand lecteur de Stuart Hall et Foucault, apporte un regard critique positif sur la pensée décoloniale. Sa réflexion sur la race ouvre le champ des études décoloniales et nous verrons certainement dans les années à venir surgir de nouvelles périodisations inspirées par l’article écrit avec Julio Arias.
Cette section se clôt sur un article abordant une question qui mobilise les anthropologues décoloniaux comme les populations latino-americaines concernées : l’extractivisme. Cette exploitation massive et sans retour des ressources naturelles touche particulièrement le continent américain. Fernando Proto, membre de la revue Analéctica et de la Red de Pensamiento Décolonial, expose ici le cas d’une mine à ciel ouvert en Argentine et de la lutte qui s’est organisée contre elle. Le cas est emblématique de la résistance que depuis de nombreuses années, certaines populations latino-américaines opposent à ces projets mortifères. Nous espérons avec cette section donner au lecteur francophone l’occasion d’aborder sous un autre angle ce qui était déjà le sujet de Sentirpenser avec la terre .
Conférence du 6 juin
Le 6 juin, Arturo Escobar a participé à un séminaire puis donné une conférence à l’EHESS. Présentée par Claude Bourguignon Rougier, cette conférence a été suivie d’une table ronde animée par Roberto Andrade, Jade Lindgaard, Alexandre Monnin, Josep Raffanel i Orra, Françoise Vergés.
Toute l’équipe de l’atelier de traduction la Minga (Roberto Andrade Pérez, Ella Bordai, Anne-Laure Bonvalot, Claude Bourguignon Rougier et Philippe Colin) ainsi que Christophe Bonneuil, responsable de la collection l’Anthropocène au Seuil, avait participé à l’organisation de cet événement.
Une réaction au sujet de « Anthropologie(s) décoloniale(s) »
Quelque soit l’espace et le temps, la même cause : le colonialisme provoque les mêmes effets et réponses des sociétés.