Criminalisation et exceptionalisme

Criminalisation et exceptionalisme

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En Europe les mesures d’exception sont liées à la menace terroriste. En Colombie, et dans d’autres pays d’Amérique latine à la menace des mouvements pour le territoire.  C’est ce que je lisais il y a deux ou trois jours dans une publication. C’est une différence considérable.

Cela étant,  le terme terroriste est employé depuis des années par le gouvernement chilien contre les Mapuches qui défendent leurs terres, ou par le gouvernement colombien qui  réprime les manifestants. On le sait, le terrorisme et la catégorie irréflexive dans laquelle a basculé  le discours de nombreux pouvoirs dans le monde. Et l est difficile de critiquer ce qui n’est pas un concept mais un slogan.

Quoi qu’il en soit, en ce moment, en Colombie, les terroristes sont à la fois les indigènes de la Minga qui agissent pour la défense de leurs territoires, et qui sont blessés par des »citoyens »  auto-constitués en milices à Cali  et les  manifestants urbains qui répondent à l’appel du comité de gréve, parce qu’ils ne veulent pas de la réforme et plus globalement d’une politique qui les affame.  Les membres de la Minga indigène qui sont partis de leurs territoires du Cauca pour soutenir la population pauvre de Cali en gréve et attaquée par les forces de l’ordre se sont vus intimer le retour à leurs resguardos comme si ils n’étaient pas eux aussi des citoyens colombiens. Et ils ont été présentés, c ‘est récurrent, comme des facteurs de désordre, un groupe armé subversif.

Mais à la fin, c’est le même traitement pour tous : des balles.

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