Colombie, continuités.

Colombie, continuités.

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Nous publions ici la traduction d’un article publié dans Pueblos en camino, le 11 mai 2021 par Humberto Cárdenas Motta

« En Colombie, pays de merde, il y a la Casa de Nariño (Uribe, Santos, Turbay Ayala, López Michelsen, le basilic…), et tous ceux que l’humoriste Jaime Garzón aurait appelés « les plus  grands fils de pute  » de la société ; ils gouvernent depuis l’endroit où se trouvait la maison d’Antonio Nariño, celui que l’histoire officielle appelle « le précurseur de l’indépendance ».La conquête avançant, il y eut  les mines, les encomiendas, les esclaves, l’inquisition (l’ordre de la foi = la version sacrée de l’ordre de la terreur). Un peu plus tard,  la « pacification » des insurgés, les Comuneros  de 1781, vaincus par la couronne espagnole , une défaite sous-tendue par la lâcheté des élites créoles qui compte, parmi l’un de ses représentants, Antonio Nariño.

Narino qui défila avec les milices à Santa Fe de Bogotá contre les comuneros insurgés.

à pays de merde, histoire de merde.

Pourquoi ?

Le capitalisme accumule la richesse en tuant. Au nom de Dieu et au nom de la loi, il produit du terrorisme pour accumuler des richesses. On démembra le corps de José Antonio Galán (un comunero insurgé) et exposa les morceaux de son corps dans différentes villes (au nom de Dieu et de la loi) :  la letra con sangre entra  :  la terreur  a valeur d’exemple. Sur les corps torturés, sur les femmes violées (comme  à Cali ces derniers jours,)  Frêre  Joaquin de Finestrad  vint, pour « pacifier » les peuples rebelles. Aujourd’hui , on le présenterait comme un commissaire de  la « paix ». Puis il  écrivit, (qu’il est vieux le métier de salir avec les mots ! ),  El Vasallo instruido en el estado del Nuevo Reino de Granada y en sus respectivas obligaciones. C’était à la fin du 18ème siècle.  Il s’agissait de la fabrication d’un « sujet politique », comme cela s’est produit  lors de  toutes les tables de négociation, toutes les amnisties et tous les accords de paix qui ont été signés dans l’histoire de ce pays de merde. Un sujet politique docile, soumis, prêt à la servitude volontaire  qu’analysa Etienne de la Boetie).

Nous l’avons dit lors de la grève de novembre 1999, et nous le redisons aujourd’hui : dans un pays de merde, « la misère est bonne, tant qu’elle est maintenue à l’écart, dans l’ordre et le silence ». Depuis la maison de Nariño, Pizarro  lâcha les chiens, ses milices paramilitaires, contre les insurgés communeros : c’est l’ordre de la terreur qui accumule les richesses, et continue à démembrer

Comme ils l’ont fait avec José Antonio Galán

Comme ils l’ont fait dans les casas de pique ( maisons d’abattage)  de Buenaventura,

comme les paramilitaires du système mondial capitaliste l’ont fait dans le pays de merde d’Uribe Vélez, de Santos (Prix Nobel de la Paix ! ), de Duque… de Rito Alejo del Río, des Aigles noirs, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale.

En Colombie, pays de merde, se trouve la maison de Nariño ; et c’est depuis  la maison de Nariño qu’ on part  vaincre les communards insurgés et  détruire leurs corps…

Comme cela continue à se produire. aujourd’hui ..

En Colombie, pays de merde, un génocide est diffusé en direct. C’est l’expression la plus claire de la loi : les lois du capital sont un  décret d’exception contre la vie du peuple. Le langage est cynique, sinistre. Au nom de Dieu et de la loi, on pratique le terrorisme. La soif de richesse est la soif de sang pour piller les peuples. La vie libérée des peuples a déclaré un état d’exception aux lois du capital.  Souvenons-nous de Walter Benjamin,  et  suspendons la loi. »

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