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Auteur/autrice : Maria Thedim

La représentation «légendaire» des populations autochtones dans les manuels de Portugais Langue Étrangère (PLE)

La représentation «légendaire» des populations autochtones dans les manuels de Portugais Langue Étrangère (PLE)

Maria Thedim Docteure en Didactiques des langues et des cultures étrangères DILTEC/ CREPAL Université Sorbonne Nouvelle Une réflexion sur le mythe d’un Brésil idyllique, qui occupe l’imaginaire social depuis les versions édéniques des temps coloniaux (1500) s’impose afin de comprendre certaines représentations attribuées à la brésilianité. À vrai dire, le fait que ces représentations, disons néo-mythologiques, interviennent au XVIe ou bien au XXIe siècle n’empêche nullement qu’elles constituent une seule et unique approche: celle du cycle modèle et répétition/ répétition…

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En Amérique latine, il y avait un féminisme décolonial avant le boom du courant décolonial.

En Amérique latine, il y avait un féminisme décolonial avant le boom du courant décolonial.

Sociologue et anthropologue, Márgara Millán est chercheure au Centre d’études latino-américaines (FCPyS, UNAM) de México et professeur à la Graduate School of Latin American Studies. Auteure de nombreux essais sur les mouvements sociaux et les représentations du genre. Depuis 2011, elle coordonne le projet de recherche : Modernités alternatives et nouveau sens commun : ancrages préfiguratifs d’une modernité non capitaliste. Entrevue de Luis Martínez Andrade, Traduction Claude Bourguignon Rougier L.M.A. Dans Essais sur la critique féministe dans Notre Amérique, Breny…

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« Je préfère la civilisation »

« Je préfère la civilisation »

Je préfère la civilisation

Maria THEDIM
DILTEC – Didactique des langues, des textes et des cultures
Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Si ce titre vous étonne, je vous assure que votre étonnement est partagé… Le weekend dernier, plusieurs camarades de classe de ma fille d’onze ans sont venus goûter chez nous. Parmi eux, il en avait un qui a attiré mon attention à cause de son prénom original : Inca. Ce garçon avait eu l’occasion de vivre aussi bien au Pérou qu’en France. Alors que je préparais la table pour le goûter, il est venu vers moi en courant pour me dire qu’il était allergique à l’arachide. Ma fille m’avait déjà prévenue auparavant… En profitant que le gamin semblait ouvert au dialogue et sans vouloir imposer ma présence aux jeunes, je lui ai demandé s’il savait ce que son prénom, Inca, voulait dire. Et c’était ainsi que notre conversation a démarré.

Inca : Oui, je sais bien, mon abuela (grand-mère) a choisi mon prénom et elle m’a dit que ça veut dire « fils du soleil »
Moi : Quel super joli prénom, ça te plait ?
Inca : Pas trop ! J’ai de la lucite.
Moi : La lucite, c’est quoi ça ?
Inca : C’est une allergie au soleil.

Après qu’il m’ait expliqué en détails toutes les précautions qu’il devait prendre sous le soleil, notamment pendant l’été, j’ai pu lui demander depuis combien de temps il était en France. Le petit Inca, fils d’une maman péruvienne et d’un papa français, est né en France. À l’âge de quatre ans, il est parti vivre au Pérou jusqu’à ses neuf ans, puis il est revenu. Il parle couramment les deux langues sans aucun accent : Vivent les mariages interculturels !

Moi : Inca, tu préfères habiter en France ou au Pérou ?
La réponse vous connaissez déjà, puisqu’il s’agit du titre de cette histoire… JE PRÉFÈRE LA CIVILISATION.
Moi : Laquelle ? La civilisation péruvienne ou la civilisation française ?
Inca : Madame, vous rigolez ou quoi ? Il n’y a pas de civilisation au Pérou !

L’expression « bouche bée » est loin de révéler l’état dans lequel je me trouvais en entendant ces mots. Puisque ce texte est censé être informel et sans prétention académique, je ne développerai pas ici de réflexion théorico-méthodologique sur les définitions des mots civilisation, cultures ou identité pour éclaircir les différences qui les nuancent. Je n’évoquerai pas non plus la riche discussion franco-allemande à propos de culture et civilisation. Je veux simplement préciser que ma seule intention est de secouer le cocotier où se trouve suspendue cette idée bizarre que beaucoup de gens originaires de pays considérés comme « périphérique » ont au sujet des pays dits « développés » . Après que toutes ces pensées aient défilé dans ma tête, et puisqu’Inca restait toujours planté devant moi, je me demandai comment aborder le sujet avec un enfant de onze ans. Du coup, je lui ai spontanément demandé : C’est quoi la civilisation pour toi ?

Il a regardé autour de lui, les yeux grands ouverts, partout dans la salle à manger, dans la cuisine et dans le salon à la recherche de la civilisation. Il avait l’air étonné, souriant et en même temps sérieux :
Inca : C’est ça !
Moi : Les enfants, le goûter est prêt !

1 Appadurai (1990 : 295) privilégie le terme « indigénisation » pour décrire la façon dont les sociétés dites «de la périphérie » modifient et s’approprient les flux culturels en provenance des différentes « métropoles ».

Référence bibliographique :
APPADURAI, Arjun, « Disjuncture and difference in the global cultural economy », in FEATHERSTONE, M. (dir.), Global Culture, Nationalism, Globalization and Modernity, Londres, Sage, 1990, p. 295-310.