A propos du développement

Les
drogues hallucinogènes livrent leurs gènes à une jeunesse sans
boussole, sans repères, perdue dans les rues et les avenues
arrogantes des gratte-ciels. Le développement crève, sa grossesse
nordique orgueilleuse livre sa nudité, son besoin de s’étendre
sur les belles plages de la spiritualité, contemple l’océan divin
et se rend compte de son auto-aliénation.

Les
bailleurs de fonds se bandent les yeux, se cachent derrière leur
monstruosité et investissent dans la magie et la famine africaines.
Ils font du chantage, demandent des rançons et se délectent de la
graisse frêle des ventres ballonnés des enfants du Tiers-Monde se
trouvant dans les berceaux de l’endettement et de la mendicité
savamment orchestrés et organisés par le système économique
occidental, divinement protégé par le droit de veto, la loi
effroyable du mensonge du système des Nations désunies et
uniquement unies par la force, la violence, la terreur… Le
« développement » devient dès lors un concept forgé
dans la braise de la domination psychologique des « grands »
de ce monde.

Les
géants économiques de la planète bouffent tous les jours, comme
hors-d’œuvre et plat de résistance, les détritus savamment
créés, appelés aujourd’hui Tiers ou Quart Mondes…

L’hiver
tue des clochards devant des Cadillacs et révèle une société
individualiste terriblement déshumanisée. Le développement voyage
à dos d’âne à travers les plages en contemplant les océans, les
fleuves, les lacs et s’assèche devant « les temples du
bonheur » de la misère africaine…

L’Occident
met dans son congélateur le concept « développement »,
fossilise ses racines, perd sa civilisation et entend se réchauffer
dans le foyer de la mode « rétro ».

Dans
les confessionnaux des églises des missionnaires, les chrétiens
crucifient les indigènes et entendent les convertir dans les
abattoirs et les soutanes de la colonisation, sous le regard étonné
et tolérant du bon dieu.