Colonialité de genre, colonialité de la nature

Colonialité de genre, colonialité de la nature

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Claude Bourguignon Rougier


Dans le Varia du numéro 4, nous publions trois textes relatifs au féminisme décolonial, un article sur la représentation des autochtones dans les manuels scolaires, et une recension d’articles sur l’extractivisme en Amérique latine.

Nous avons voulu apporter quelques développements aux problématiques déjà exposées dans le 3, avec la traduction du livre de Karina Bidaseca et l’article de Fernando Proto sur l’extractivisme .

Les trois articles consacrés au féminisme latino-américain sont extraits du livre publié en espagnol par Luis Martínez Andrade en 2019. Feminismos en la contra est un ensemble d’entrevues de l’auteur avec des féministes dont beaucoup sont mexicaines ou vivent en Amérique latine. Le livre donne la parole à des féministes de la théologie de la libération ainsi qu’à des féministes musulmanes, une ouverture que l’on saluera. Ce recueil nous met en mesure d’apprécier la variété des positions et des théories et surtout la grande pertinence politique de la critique féministe en Amérique latine. L’atelier de la Minga( Juliette Desprez, Ella Bordai et Claude Rougier) a traduit l’excellente introduction de Luis Martinez , l’entrevue de Márgara Millán et celle de Sayak Valencia.

L’introduction très détaillée de Luis Martínez Andrade propose un point de vue à la fois synthétique et original. Elle souligne l’importance d’un féminisme qui ne s’intitule pas nécessairement comme tel dans les populations indigènes, en particulier à l’intérieur du mouvement zapatiste. Et permet de saisir le lien essentiel entre autonomie, communalité et féminisme dans les mouvements actuels en Amérique latine.

L’entrevue de la mexicaine Márgara Millán est intéressante pour le regard qu’elle porte sur les élections présidentielles au Mexique et parce que l’auteur a une approche qui combine la perspective du philosophe marxiste Bolívar Echeverría et la vision décoloniale.

Quant à celle de Sayak Valencia, elle permettra aux lectrices et lecteurs de découvrir le sujet de la nécro-politique au Mexique. Sayak Valencia, y développe le concept de capitalisme gore. Pour elle, c’est un  » concept qui renvoie à un écoulement de sang explicite et injustifié comme prix à payer pour le Sud global, entendu conceptuellement comme espace de spoliation néocoloniale, qui s’attache à suivre les logiques toujours plus exigeantes du néolibéralisme. »

Nous sommes contents d’être les premiers à diffuser quelques textes en français de cet ouvrage dont nous espérons qu’il sera prochainement traduit en français

La recension du livre Le piège de l’abondance, coordonné par Nicolas Pinet, qui dirige l’excellente revue DIAL, salue la publication d’un ouvrage en français sur un thème qui a émergé il y a quelques années en France : l’extractivisme latino-américain. Ce livre présente des textes d’auteurs qui sont des classiques en Amérique latine, comme Gudynas, Zibechi, Acosta. Il propose quelques articles de fond et d’autres plus pragmatiques. Son grand mérite est de montrer combien colonialité du pouvoir et de la nature sont liées. D’autre part, il permet de se faire une idée précise du rôle fondamental joué par le Brésil dans la reconfiguration du pouvoir en Amérique du Sud et de l’impérialisme local qu’il exerce désormais sur la zone.

L’article de Maria Thedim explore la colonialité de l’imaginaire européen. Il aborde la question de la représentation des autochtones dans les livres de portugais langue étrangère.

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