Décolonisation et enjeux post-coloniaux de l’enfance et de la jeunesse (1945-1980)

Décolonisation et enjeux post-coloniaux de l’enfance et de la jeunesse (1945-1980)

Colloque international bilingue (anglais-français)

Un Colloque international bilingue (anglais-français) se tiendra les 27-28 juin 2018 à l’Université d’Angers (EnJeu[x]-CERHIO) Merci d’envoyer votre proposition avant le 31 janvier 2018

 

Appel à communication

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est
également un enjeu essentiel de la décolonisation. Les processus d’émancipation des peuples
colonisés au second XX e siècle posent en effet avec force la question sociale et politique de
l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et post-colonial, dans les pays devenus indépendants
comme chez les anciens colonisateurs. Dans un ensemble complexe de questions politiques et
diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et
religieuses, les enjeux coloniaux et post-coloniaux de l’enfance et de la jeunesse ont produit des
biopolitiques spécifiques.
Les projets coloniaux ont attribué une forte importance socio-politique à la prise en charge
d’enfants et d’adolescents abandonnés à leur sort pour des raisons économiques ou racialistes. Les
présences européennes en Asie et en Afrique ont généré des relations amoureuses ou forcées,
passagères ou durables d’où naquirent des métis, devenus sujets de politiques de la race mises en
œuvre par les États. Contre les engagements politiques anticolonialistes de la jeunesse, les pouvoirs
coloniaux ont déployé une action sociale autant qu’ils ont mobilisé leurs appareils coercitifs et
répressifs. L’indépendance des colonies approchant, « sauver » des enfants devint un objectif des
promoteurs de sociétés coloniales « nouvelles ». Espérant repousser des échéances de plus en plus
inéluctables et/ou prolonger l’aventure coloniale, les thuriféraires du colonialisme ont organisé des
migrations forcées – présentées parfois comme des « rapatriements » – de milliers d’enfants d’Asie
et d’Afrique vers l’Europe. Des mères ont été séparées de leurs enfants, des pères ont été ignorants
du sort de leurs enfants et de celui de leurs mères, des fratries ont été séparées, des enfants ont été
déracinés.
L’étude de ces différents processus – à l’instar des Colonial and Post-colonial Studies –
interroge les cultures post-coloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, les
prolongements de celle-ci dans celle-là. La dimension biopolitique est également très prégnante
dans les politiques d’intégration/assimilation, l’acquisition de la nationalité et de la citoyenneté,
l’assignation des enfants et des jeunes en tant que traits d’union avec la colonie perdue. Enfants et
jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par
des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, militants, simples
citoyens…
Les réalités complexes qui entrent dans la thématique du colloque peuvent être étudiées à
partir de sources très variées. Outre les archives publiques qui reflètent les différentes politiques
menées, les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner
les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont
les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-
mêmes – sont irremplaçables et seront convoquées lors du colloque.
Les propositions de communications pourront porter sur les deux espaces/temps couverts par
le colloque : le contexte colonial et le contexte post-colonial, dans les sociétés en décolonisation
comme dans les États colonisateurs. Sans être limitées à la liste suivante, les communications
pourront aborder principalement plusieurs thématiques :
– Les débats et les pratiques d’éducation des enfants, de la formation des jeunes, des
mouvements de jeunesse, des loisirs et les modèles et systèmes d’encadrement ;
1- Les campagnes de santé publique et leurs acteurs, la prévention et le traitement de la
délinquance juvénile ;
– La dimension genrée des prises en charge des enfants, les adoptions d’enfants nés dans les
colonies ;
– L’Empowerment des jeunes en situation coloniale et post-coloniale, leurs engagements
militants, leur enrôlement politique et idéologique ;
– L’accès aux droits, à la nationalité et à la citoyenneté.
Une approche par les représentations est évidemment possible.
Les parcours de vie et les mémoires des personnes concernées ainsi que leurs constructions
subjectives constituent un thème privilégié.
Les propositions de communication, en français ou en anglais (une page maximum), sont à
adresser avant le 31 janvier 2018, accompagnées d’un court CV, aux adresses suivantes :
yves.denechere@univ-angers.fr et blandine.charrier@univ-angers.fr
Il ne sera pas demandé de frais d’inscription aux communicants ; l’organisation prendra en charge
leur hébergement et leurs repas.

Organisation :
– Yves Denéchère, professeur d’histoire contemporaine, Université d’Angers, directeur du
CERHIO (FRE CNRS), responsable scientifique du programme EnJeu[x]
– Blandine Charrier, coordinatrice du programme EnJeu[x], http://enfance-jeunesse.fr/
Comité scientifique international :
– Nicolas Bancel (Université de Lausanne)
– Raphaëlle Branche (Université de Rouen)
– Christina E. Firpo (California Polytechnic State University)
– David M. Pomfret (The University of Hong Kong)
– Margarida Calafate Ribeiro (Universidade de Coimbra)
– Emmanuelle Saada (Columbia University

 

International and bilingual symposium (English-French)

27-28 June 2018 – EnJeu[x] & CERHIO – University of Angers

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