Traduire les auteurs décoloniaux

Traduire les auteurs décoloniaux

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En France, la traduction des auteurs décoloniaux est un phénomène très récent. Jusqu’en 2014, seuls quelques articles d’Aníbal Quijano et Walter Mignolo, avaient été publiés dans des revues. Le Groupe Décolonial de Traduction avait eu une part importante dans ce travail. Mais aucun livre, aucune anthologie n’avait fait l’objet d’une traduction.

Dans notre propre groupe de traduction, l’une d’entre nous s’engagea, dés 2007, dans une traduction de Desobediencia epistémica pour Walter Mignolo. Des divergences théoriques empêchèrent de poursuivre une collaboration qui dura pendant deux ans, le travail étant repris par Yasmine Jouhari et Mark Maesselneck.

Plus fructueuse, la rencontre avec Ramón Grosfoguel permit la parution de Penser l’envers obscur de la modernité, publié aux Pulim en 2014 par Claude Bourguignon Rougier, Philippe Colin et Ramón Grosfoguel. Il s’agit d’une anthologie de textes de Enrique Dussel, Santiago Castro Gómez, Nelson Maldonado Torres  et Ramón Grosfoguel. Cet ouvrage jouit d’une diffusion qui reste encore confidentielle et nous avons conscience du travail qui reste à effectuer pour que la théorie décoloniale ait la reconnaissance qu’elle mérite.

C’est pour cela que nous avons décidé de consacrer une section de notre Revue d’Etudes Décoloniales à des traductions qui, le moment venu, seront  reprises et publiées dans une anthologie.

Les trois textes qui figurent dans ce premier numéro correspondent à un article d’Arturo Escobar,  publié en  2013, dans la revue Tábula Rasa, sous le titre de El trasfondo de nuestra cultura, d’une interview de Ramón Grosfoguel,  réalisée en août 2015 et d’un article d’Eduardo Restrepo et J Arias Vanegas, Historizando raza, publié s.

Il s’agit de textes très différents. L’un d’eux est une exploration multidisciplinaire des théories relatives aux pathologies modernes de la déconnexion et des solutions qui y sont envisagées, au Nord comme au Sud. L’entrevue est plus axée sur la vie politique actuelle, et sa composante raciste, surtout en France. L’analyse d’Eduardo Restrepo et Julio Arias est une réflexion sur la catégorie de race et ses rapports avec le mot et les discours dans lesquels elle fonctionne ou a fonctionné.

Arturo Escobar, anthropologue, enseigne à la South University of California.

Eduardo Restrepo, anthropologue, à la Javeriana de Bogota

Julio Arias Vanegas est anthropologue

Ramon Grosfoguel, est sociologue à Berkeley, dans le département d’études ethniques

Ces auteurs ont en commun de ne pas être seulement des chercheurs universitaires mais des intellectuels engagés dans un soutien actif aux luttes afro-colombiennes, portoricaines ou chicanas.

Nous espérons que les lecteurs apprécieront leurs analyses, originales. Si l’article d’Escobar a été traduit par une seule personne, l’entrevue est le résultat d’une collaboration entre plusieurs membres de la revue. Il va de soi que cet engagement relève d’une démarche militante et nous invitons ceux qui voudraient y participer, en traduisant depuis l’italien, l’espagnol ou le portugais, à rejoindre notre pôle de traduction.

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